Le cordonnier mal chaussé, vous avez déjà entendu cette expression à propos d’un spécialiste dans un domaine qui, lorsqu’il s’agit de lui-même, est mal équipé? Un décorateur qui n’a pas le temps de s’occuper de sa propre maison, un jardinier qui n’a pas le temps de cultiver son jardin, un thérapeute qui ne soigne pas les bobos dans son propre ménage…
Se choisir un coach d’affaires n’est pas une mince affaire. Après tout, même s’il s’agit d’enjeux professionnels, on met quand même ses tripes sur la table. C’est une des raisons pour lesquelles j’ai toujours de l’admiration pour les personnes qui m’appellent et désirent en savoir plus sur le coaching.
Dernièrement, j’ai moi-même eu l’occasion de goûter à cette médecine lorsque je me suis mise à chercher un thérapeute familial (nous avons un adolescent à la maison et il me semblait que nous pourrions tous bénéficier d’un accompagnement spécialisé au cours de cette période mouvementée…).
Je fais deux constats:
Constat no 1 : Chercher « la » bonne personne requiert de l’énergie et du temps.
Constat no 2 : Trouver « la » bonne personne exige de s’ouvrir aux autres pour obtenir des références, d’être à l’affut d’articles sur le sujet, de se renseigner pour poser les bonnes questions et de parler à plusieurs coachs avant de s’arrêter sur son choix.
Mais même après avoir fait ses devoirs, le risque de faire chou blanc n’est pas écarté. Voici mon expérience que vous associerez sans peine à celle de se chercher un coach.
Danger no 1 : Forcer la main à l’un des participants
Le coaching n’a aucune chance de donner des résultats concluants si le principal intéressé ne voit pas l’intérêt de se faire accompagner dans une démarche de coaching. Si vous offrez du coaching à un membre de votre équipe, c’est un privilège pour lui de trouver là un espace où il pourra travailler dans un climat de confiance à réaliser des objectifs prédéterminés. Si ces objectifs ne proviennent pas à 100 % du participant, si ce dernier n’a pas le temps ou l’énergie de s’investir dans la démarche de coaching, votre argent est gaspillé. De toute façon, le coaching est une forme d’apprentissage dans l’action qui ne convient pas à tout le monde. À chacun sa façon d’apprendre!
Danger no 2 : Le coach n’est pas orienté vers l’action
C’est ce qui est arrivé avec notre thérapie familiale. Nous étions prêts à agir, à mettre en place de nouvelles façons de faire au sein de la famille, nous demandions explicitement le mode d’emploi, des outils s’il vous plait!
Rien. Des questions, beaucoup de questions, mais pas de plan de match, de rétroaction, d’essais et d’erreurs. Ce que j’appelle la phase d’expérimentation du coaching.
Autant la phase de réflexion, de catalyse, d’interrogation, d’analyse, de diagnostic est importante autant si cette phase se prolonge, le coaching est en danger car il n’aboutit pas à des actions concrètes permettant de mesurer des résultats.
Danger no 3 : Ne pas savoir où on s’en va
Les actions seront d’autant plus ciblées et efficaces que les objectifs de coaching auront été formalisés et mis par écrit. Je ne dis pas qu’ils ne puissent se transformer en cours de route, mais il est crucial de passer du temps à déterminer ce qu’on veut accomplir avec son coach à l’intérieur de 3 mois, 6 mois, 12 mois dépendant des situations.
Écrire ses objectifs, c’est aussi éviter de courir le danger no 2.
Danger no 4 : Le coach n’a pas de méthodologie
On ne s’improvise pas coach. Pour faire avancer son client, chaque coach a son bagage d’expériences et sa personnalité. Mais à la base, pour obtenir des résultats, car c’est le but, le coach doit pouvoir offrir une démarche structurée d’accompagnement. Sur 12 sessions, les premières seront consacrées au diagnostic, aux objectifs, aux questions. Après quelques sessions, vous essayerez de nouvelles façons de faire, le coach vous donnera du feedback, vous apprendrez de vos essais, et vous peaufinerez vos objectifs. Il y a beaucoup de flexibilité et de personnalisation en coaching, mais la méthodologie est toujours présente. Pour les intéressés, je vous réfère à la mienne que j’aime bien présenter en 4 phases : Découvrir.Catalyser.Expérimenter.Agir.
D’ailleurs, cette méthodologie est d’autant plus importante que l’on travaille sur un mandat de coaching d’équipe ou organisationnel. Le nombre plus élevé de participants rend la méthodologie d’autant plus nécessaire afin de faciliter les discussions, les résolutions, la dynamique de groupe et le plan d’action.
Danger no 5 : Ne pas respecter les limites de temps pré-établies
On peut faire beaucoup en 60 min de coaching bien préparées. À la fin d’une session, je pose quelques questions de synthèse à mon client :
Quels sont les points qui t’ont aidé aujourd’hui?
Avec quelle idée principale repars-tu?
Sur quelles requêtes vas-tu travailler cette semaine?
Rien de pire qu’une session qui s’étire en longueur et qui n’aboutit pas à un « aha »!
Et vous, avez-vous déjà cherché un coach?
Quelle a été votre expérience? Bonne? Mauvaise? Difficile? Facile?
Quels sont vos critères pour trouver un coach?
Cet article vous aide-t-il?

